Les règles essentielles à connaître avant de reprendre le travail
- 60 jours d’arrêt pour maladie ou accident non professionnel déclenchent normalement la visite.
- 30 jours suffisent après un accident du travail.
- Après une maladie professionnelle ou un congé maternité, la visite est obligatoire quelle que soit la durée de l’absence.
- L’employeur doit saisir le service de prévention et de santé au travail.
- La visite doit avoir lieu le jour du retour ou dans un délai maximal de 8 jours calendaires.
- Depuis le 15 juin 2026, une visite de préreprise récente peut, sous conditions, dispenser de la visite de reprise.
Dans quels cas la visite de reprise est-elle obligatoire
La visite médicale de reprise n’est pas automatique après chaque arrêt. Elle concerne principalement les absences qui peuvent avoir modifié l’état de santé du salarié ou sa capacité à tenir son poste dans de bonnes conditions.
| Situation | Visite obligatoire |
|---|---|
| Congé de maternité | Oui, quelle que soit la durée |
| Maladie professionnelle | Oui, quelle que soit la durée |
| Accident du travail | Oui à partir de 30 jours d’absence |
| Maladie ou accident non professionnel | Oui à partir de 60 jours d’absence |
Je conseille aussi de vérifier la convention collective applicable. Elle peut prévoir des dispositions plus favorables, même si elle ne peut pas écarter les garanties minimales prévues par le Code du travail.
Quel rôle joue la nouvelle dispense depuis juin 2026
Une règle nouvelle s’applique aux arrêts de travail délivrés à compter du 15 juin 2026. La visite de reprise peut ne pas être nécessaire si deux conditions sont réunies.
- Le salarié a bénéficié d’une visite de préreprise dans les 30 jours précédant son retour effectif.
- Le médecin du travail a conclu qu’aucun aménagement du poste, du temps de travail ou des conditions d’activité n’était nécessaire.
La préreprise conserve donc toute son utilité, mais son objectif est différent. Elle se déroule pendant l’arrêt et sert à préparer les conditions du retour. La visite de reprise intervient normalement au moment où le salarié revient dans l’entreprise et permet de vérifier concrètement la compatibilité entre son état de santé et son emploi.
Qui organise la visite et dans quel délai
C’est à l’employeur de contacter le service de prévention et de santé au travail dès qu’il connaît la date de fin de l’arrêt. Le salarié doit de son côté transmettre cette date ou la date prévisible de son retour, surtout lorsque l’entreprise ne dispose pas directement de l’information.
La visite doit être organisée le jour de la reprise effective ou, au plus tard, dans les huit jours calendaires qui suivent. Les samedis, dimanches et jours fériés sont compris dans ce délai.
Si aucune convocation n’arrive, je conseille au salarié d’écrire rapidement à l’employeur. Un message simple suffit pour rappeler la date de reprise et demander la saisine du service de santé au travail. Cette trace peut être utile si un désaccord apparaît ensuite sur l’organisation du retour.
La visite se déroule normalement pendant le temps de travail. Le temps consacré à l’examen est rémunéré comme du temps de travail effectif, et les frais de transport nécessaires sont pris en charge par l’employeur dans les conditions habituelles.

Comment préparer un retour réellement sécurisé
Une visite efficace ne consiste pas seulement à répondre « oui » ou « non » à la question de l’aptitude. Le médecin du travail doit comprendre les exigences réelles du poste, notamment la charge physique, les horaires, les déplacements, le travail de nuit, les objectifs commerciaux ou les tensions relationnelles.
Ce que le salarié peut préparer
- la description concrète de ses tâches quotidiennes ;
- les horaires et contraintes qui posent problème ;
- les difficultés rencontrées avant ou pendant l’arrêt ;
- les adaptations qui pourraient faciliter la reprise ;
- les recommandations déjà formulées lors d’une éventuelle préreprise.
Il n’est pas nécessaire de révéler son diagnostic à l’employeur. Le secret médical protège les informations de santé, tandis que l’entreprise reçoit les conclusions utiles à l’organisation du travail. Cette distinction est particulièrement importante après un épuisement professionnel, une dépression ou une situation de harcèlement.
Je déconseille de minimiser une difficulté pour « ne pas faire mauvaise impression ». Une reprise trop rapide dans un environnement inchangé peut provoquer une rechute. À l’inverse, une demande précise, comme une réduction temporaire des interruptions ou une reprise progressive, donne au médecin du travail des éléments concrets sur lesquels s’appuyer.
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La préreprise pour anticiper les difficultés
Pour un arrêt de plus de 30 jours, une visite de préreprise peut être demandée par le salarié, le médecin traitant, le médecin-conseil de l’Assurance Maladie ou le médecin du travail. Elle peut conduire à des recommandations d’aménagement, de reclassement, de formation ou de reconversion.
Un rendez-vous de liaison peut également être proposé lorsque l’absence dépasse 30 jours. Il sert à présenter les dispositifs d’accompagnement, mais ne remplace pas une visite médicale et ne permet pas de se prononcer sur l’aptitude.
Quelles décisions peuvent suivre l’examen
Le médecin du travail peut conclure que le poste est compatible avec l’état de santé du salarié. Dans ce cas, le retour s’effectue normalement, sauf si un temps partiel thérapeutique ou une adaptation temporaire a été prévu avec les professionnels concernés.
Il peut aussi recommander un aménagement du poste. Cela peut prendre la forme d’une modification des horaires, d’une réduction de certaines contraintes, d’un équipement spécifique, d’une limitation des déplacements ou d’une réorganisation de la charge de travail.
Lorsque le poste initial n’est plus compatible avec l’état de santé, le médecin peut rendre un avis d’inaptitude. Cette décision appartient au médecin du travail, et non au médecin traitant. L’employeur doit alors rechercher un emploi de reclassement adapté, sauf lorsque l’avis prévoit une dispense dans les situations autorisées.
Si aucun reclassement n’est possible, une rupture du contrat peut être envisagée selon la procédure applicable. Dans le secteur privé, lorsque le salarié n’est ni reclassé ni licencié dans le délai d’un mois suivant l’avis d’inaptitude, l’employeur doit en principe reprendre le versement du salaire correspondant à l’emploi occupé avant la suspension du contrat.
Un avis d’aptitude, une proposition d’aménagement ou un avis d’inaptitude peuvent être contestés devant le conseil de prud’hommes dans un délai de 15 jours à compter de leur notification. Ce recours demande de réagir vite, car le délai est court.
Les erreurs qui compliquent le retour après un arrêt
La première erreur consiste à confondre visite de reprise et visite de préreprise. La première intervient au retour et relève de l’organisation de l’employeur. La seconde prépare le retour pendant l’arrêt et peut être sollicitée par plusieurs interlocuteurs.
La deuxième est de croire qu’un certificat du médecin traitant remplace l’examen de santé au travail. Le médecin traitant suit l’état de santé général, alors que le médecin du travail évalue la compatibilité entre cet état et les exigences professionnelles.
Enfin, certains salariés reprennent sans signaler que leur poste a changé ou que leurs conditions de travail se sont dégradées. Je considère pourtant que ces informations sont déterminantes. Une reprise dans une équipe différente, avec un nouveau responsable ou une charge accrue peut modifier complètement l’évaluation des risques.
Le bon réflexe pour ne pas subir son retour
À la fin de l’arrêt, le salarié doit connaître la date de reprise, vérifier si son absence entre dans un cas obligatoire et s’assurer que l’employeur a saisi le service de prévention et de santé au travail. En cas de difficulté prévisible, la visite de préreprise reste souvent le meilleur outil pour agir avant que la situation ne se bloque.
Le retour réussi n’est pas celui qui se fait le plus vite, mais celui qui permet de travailler sans mettre à nouveau sa santé en danger. Une demande écrite, des faits précis et un dialogue avec le médecin du travail offrent généralement une base solide pour reprendre dans des conditions compatibles avec la réalité du poste.