Vous commencez un CDD de six mois et votre contrat prévoit une période d’essai de deux semaines. Est-ce légal, comment compter ces jours et que se passe-t-il si l’une des parties veut arrêter avant la fin de l’essai ? Je vous donne ici les règles concrètes, les erreurs fréquentes et les réflexes utiles pour sécuriser votre situation.
L’essentiel à retenir avant de commencer un CDD de six mois
- Durée maximale : pour un CDD prévu pour six mois, l’essai ne peut pas dépasser deux semaines.
- Calcul : la période se décompte en principe en jours calendaires, dès le premier jour travaillé.
- Renouvellement interdit : un CDD ne permet pas de prolonger ou renouveler la période d’essai.
- Rupture possible : l’employeur comme le salarié peuvent mettre fin à l’essai, sous réserve du délai de prévenance.
- Après l’essai : le CDD se poursuit jusqu’à son terme, sauf dans les cas de rupture anticipée prévus par la loi.

Pour six mois, l’essai est plafonné à deux semaines
Un CDD de six mois peut prévoir une période d’essai, mais celle-ci n’est jamais obligatoire. Elle existe uniquement si elle est clairement prévue dans le contrat de travail ou dans la lettre d’engagement. Sans clause valable, le salarié est engagé dès le premier jour pour la durée prévue du CDD.
La règle légale est simple pour un contrat dont la durée initialement prévue est inférieure ou égale à six mois. La période d’essai est calculée à raison d’un jour par semaine, dans la limite de deux semaines au maximum. Pour un CDD exactement prévu sur six mois, le plafond pratique est donc de quatorze jours calendaires.
| Durée initiale du CDD | Plafond légal de l’essai | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Six mois ou moins | Un jour par semaine, avec un maximum de deux semaines | Une convention collective ou un usage peut prévoir moins |
| Plus de six mois | Un jour par semaine, avec un maximum d’un mois | Le seuil bascule dès que la durée dépasse six mois |
| CDD sans terme précis | Calcul effectué selon la durée minimale prévue | La durée minimale doit figurer au contrat |
La frontière mérite une attention particulière. Un CDD de six mois et un jour relève du régime des contrats de plus de six mois, avec un plafond pouvant aller jusqu’à un mois. Je recommande donc de vérifier la durée initiale inscrite au contrat, et pas seulement la date de fin annoncée oralement.
Ce que le contrat doit préciser avant le premier jour
La période d’essai doit être expressément stipulée. Une formule vague comme « la période d’essai sera conforme aux dispositions légales » peut créer une incertitude sur sa durée et son point de départ. Le document doit permettre de comprendre immédiatement combien de temps dure l’essai et quelles règles conventionnelles s’appliquent.
Avant de signer, je vérifie toujours quatre éléments : la durée initiale du CDD, l’existence de la clause d’essai, la convention collective applicable et la date du premier jour travaillé. Cette lecture prend quelques minutes, mais elle évite les contestations qui apparaissent souvent lorsque la relation se dégrade.
- La durée du contrat, avec son terme lorsqu’il est précis.
- La durée de la période d’essai, qui ne peut pas dépasser le plafond légal ou conventionnel.
- La convention collective, susceptible de prévoir une durée plus courte.
- La rémunération et le poste, qui doivent être ceux réellement proposés pendant l’essai.
Le salaire versé pendant cette période est celui prévu au contrat. Le salarié en CDD bénéficie également des règles habituelles concernant la rémunération, la santé et la sécurité, le temps de travail et le respect de sa dignité. Une période d’essai ne donne pas à l’employeur le droit d’imposer des conditions différentes de celles annoncées.
Comment compter les jours sans se tromper
La période d’essai commence le premier jour de travail effectif. Elle ne peut pas être repoussée au motif que l’employeur souhaite attendre la fin d’une formation, l’arrivée d’un responsable ou une période de forte activité.
Lorsqu’elle est exprimée en jours ou en semaines, elle se décompte en principe selon le calendrier. Les samedis, dimanches et jours fériés sont donc inclus, sauf disposition conventionnelle ou contractuelle plus favorable. Le temps partiel ne change pas non plus le mode de calcul.
Par exemple, si un CDD de six mois commence un lundi et prévoit deux semaines d’essai, la période se termine le dimanche suivant à minuit, sous réserve des règles applicables dans l’entreprise. Le dernier jour peut donc tomber un jour non travaillé. Ce qui compte est la date calendaire, pas le nombre de journées réellement effectuées.
Il faut aussi distinguer la période d’essai du délai de prévenance. La première sert à tester la relation de travail. Le second correspond au délai à respecter lorsqu’une partie annonce qu’elle met fin à l’essai. Le délai de prévenance ne prolonge pas la période d’essai.
Un arrêt de travail peut toutefois modifier le calendrier. Lorsque le contrat est suspendu pour maladie, la fin de l’essai peut être repoussée d’une durée correspondant à l’absence, dans la limite de la période qui restait à courir. En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, des règles protectrices particulières s’appliquent, notamment concernant la rupture pendant la suspension.
Rompre l’essai reste possible, mais le délai compte
Pendant la période d’essai, l’employeur ou le salarié peuvent rompre le contrat sans appliquer la procédure de licenciement ou les règles ordinaires de rupture anticipée du CDD. Cette liberté n’est toutefois pas absolue. La rupture ne doit pas être discriminatoire, vexatoire ou étrangère à l’objectif d’évaluation professionnelle.
Lorsque l’employeur prend l’initiative
Pour un CDD de six mois avec une période d’essai de deux semaines, le délai de prévenance dépend de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise au moment de l’annonce.
| Présence dans l’entreprise | Délai minimal de prévenance |
|---|---|
| Moins de huit jours | Vingt-quatre heures |
| De huit jours à moins d’un mois | Quarante-huit heures |
Comme l’essai est limité à deux semaines, les délais de deux semaines ou d’un mois ne peuvent normalement pas concerner ce type de CDD. Si l’employeur annonce la rupture le dernier jour de l’essai, il ne peut pas maintenir artificiellement le salarié au-delà de cette période. En revanche, il peut devoir verser une indemnité compensatrice correspondant au délai de prévenance non exécuté, congés payés compris.
Le motif n’a pas forcément à être détaillé dans la lettre, mais la décision doit rester liée à l’évaluation des compétences ou à l’adaptation au poste. Une rupture motivée en réalité par une grossesse, un état de santé, une activité syndicale ou une situation de harcèlement pourrait être contestée.
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Lorsque le salarié souhaite partir
Le salarié peut également mettre fin à l’essai. Aucun formalisme particulier n’est imposé, mais je conseille de transmettre une décision écrite par courriel avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Il faut conserver une preuve de la date d’envoi et de la réception.
Le délai de prévenance est de vingt-quatre heures lorsque la présence est inférieure à huit jours, puis de quarante-huit heures à partir du huitième jour. Le salarié ne doit donc pas simplement cesser de venir travailler sans prévenir, même si la rupture de l’essai est en principe libre.
La rupture volontaire pendant l’essai n’ouvre généralement pas de droit immédiat à l’allocation chômage, sauf exceptions prévues par les règles d’assurance chômage. Avant de partir, il est prudent de vérifier sa situation auprès de France Travail, surtout si l’on quitte un emploi précédent pour ce CDD.
Ce qui change après la fin de l’essai
Si personne ne rompt le contrat avant la fin de l’essai, la relation de travail se poursuit automatiquement. Le CDD n’est pas transformé en CDI par le simple fait que la période d’essai est terminée. Il continue jusqu’à la date prévue, sauf renouvellement valable ou embauche ultérieure en CDI.
Après l’essai, l’employeur ne peut plus mettre fin librement au contrat. Une rupture anticipée n’est admise que dans certains cas, comme l’accord des parties, la faute grave, la force majeure, l’inaptitude ou l’embauche du salarié en CDI. Le salarié qui quitte son poste sans entrer dans l’un de ces cadres risque lui aussi de devoir indemniser l’employeur.
La fin de l’essai ne garantit pas non plus une prolongation du contrat. C’est un point souvent mal compris. L’employeur peut reconnaître que le salarié convient parfaitement au poste tout en maintenant le terme initial du CDD. Je conseille de discuter assez tôt d’une éventuelle suite, plutôt que d’attendre la dernière semaine.
Si le CDD va jusqu’à son terme, l’indemnité de fin de contrat, souvent appelée prime de précarité, est en principe égale à 10 % de la rémunération brute totale, sauf exceptions légales ou conventionnelles. En revanche, elle n’est généralement pas due lorsque le contrat est rompu pendant la période d’essai.
Le bon réflexe avant de signer ou de partir
Pour un CDD de six mois, je retiens une règle très concrète : deux semaines maximum, sauf durée plus courte prévue par le contrat, la convention collective ou un usage applicable. Je vérifie ensuite le point de départ, le décompte calendaire, l’absence de renouvellement et le délai de prévenance correspondant à la date de présence.
En cas de désaccord, rassemblez le contrat, les échanges écrits, les plannings et les bulletins de salaire. Ces documents permettent de reconstituer précisément les dates et de repérer une rupture tardive, un motif étranger aux compétences ou une atteinte aux droits du salarié.
La période d’essai est courte, mais elle donne déjà une image assez nette de la relation de travail. Un encadrement flou, des objectifs impossibles ou des comportements humiliants ne deviennent pas acceptables parce que le contrat est temporaire. Dès les premiers signaux sérieux, mieux vaut demander conseil à un représentant du personnel, à une organisation syndicale ou à un professionnel du droit.