Un code APE peut donner une première indication sur l’activité d’une entreprise, mais il ne permet pas, à lui seul, de connaître le code risque AT/MP réellement appliqué. Je vous explique la différence entre ces deux références, la méthode pour retrouver le classement de votre établissement, l’impact sur les cotisations et les démarches à suivre en cas d’accident avec arrêt de travail.
Le code APE aide à s’orienter, mais seul le code risque notifié fait foi
- Le code APE décrit l’activité principale déclarée auprès de l’Insee.
- Le code risque AT/MP est attribué à l’établissement par l’Assurance Maladie - Risques professionnels.
- Une correspondance APE-code risque peut être indicative, mais elle n’est pas toujours automatique.
- Le taux AT/MP dépend aussi de l’effectif, du secteur et de la sinistralité.
- En cas d’accident, le code risque ne détermine ni la reconnaissance ni la durée de l’arrêt.

Pourquoi le code APE ne donne pas automatiquement le code risque
Le code APE, aussi appelé code NAF, est attribué par l’Insee pour identifier l’activité économique principale d’un établissement. Il sert notamment aux statistiques, aux études sectorielles et à la recherche de données sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.Le code risque AT/MP répond à une autre logique. Il sert au classement tarifaire de l’établissement selon les risques professionnels liés à son activité réelle. Il est attribué par la caisse compétente, généralement la Carsat, la Cramif en Île-de-France ou la CGSS outre-mer.
| Référence | À quoi sert-elle ? | Qui l’attribue ? |
|---|---|---|
| Code APE ou NAF | Identifier l’activité principale de l’établissement | Insee |
| Code risque AT/MP | Classer le niveau de risque pour la tarification | Assurance Maladie - Risques professionnels |
| Taux AT/MP | Calculer la cotisation patronale accidents du travail et maladies professionnelles | Caisse régionale compétente |
Deux entreprises ayant un code APE proche peuvent donc recevoir un classement différent si leurs salariés n’effectuent pas les mêmes tâches. Un restaurant qui prépare et sert les repas sur place n’est pas exposé exactement comme une société qui fait uniquement de la livraison ou de la restauration collective.
Un exemple de correspondance utile, mais à manier avec prudence
Dans les barèmes collectifs, le code APE 56.10A, correspondant à la restauration traditionnelle, est généralement rapproché du code risque 55.3AC. Le code APE 56.10C, associé à la restauration de type rapide, peut être rapproché du code risque 55.3BC.
Ces exemples servent à comprendre la logique du classement, pas à remplacer la notification officielle. Je déconseille de calculer une cotisation ou de remplir une déclaration uniquement à partir d’une table trouvée en ligne, car l’activité réellement exercée par l’établissement reste déterminante.
Comment retrouver le code risque de son établissement
La méthode la plus fiable consiste à partir du Siret de l’établissement, et non du seul numéro Siret du siège ou du code APE de la société. Une même entreprise peut avoir plusieurs établissements et plusieurs codes risque.
- Relevez le code APE figurant sur l’avis de situation de l’établissement ou dans vos documents administratifs.
- Consultez les données de sinistralité par code APE-NAF pour comparer les accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles de votre secteur.
- Ouvrez la notification annuelle du taux AT/MP dans le compte entreprise accessible depuis Net-entreprises.
- Vérifiez le code risque, son libellé, le taux appliqué et l’établissement concerné.
- En cas d’écart avec votre activité réelle, préparez une demande de réexamen auprès de la caisse régionale compétente.
Le code risque apparaît normalement sur la notification annuelle de tarification. Il peut être présenté avec ou sans points, par exemple 55.3AC ou 553AC. Cette différence d’écriture ne signifie pas qu’il s’agit de deux codes distincts.
Je vérifie toujours trois éléments avant de conclure à une erreur. Il faut comparer l’adresse du Siret, le libellé exact de l’activité et la nature des postes de travail. Un siège administratif, un atelier, un dépôt et un chantier peuvent relever de classements différents au sein d’une même entreprise.
Quel est l’impact du code risque sur le taux AT/MP
Le code risque sert principalement à déterminer la catégorie tarifaire dans laquelle l’établissement est placé. Le taux final ne dépend toutefois pas uniquement de ce code. Il varie aussi selon l’effectif de l’établissement et, pour les entreprises plus importantes, selon les accidents et maladies professionnelles qui lui sont imputés.
| Effectif en 2026 | Mode de tarification | Principe |
|---|---|---|
| Moins de 20 salariés | Taux collectif | Le taux dépend principalement de la sinistralité moyenne du secteur d’activité. |
| De 20 à 149 salariés | Taux mixte | Le taux combine une part collective et une part liée aux résultats de l’établissement. |
| 150 salariés et plus | Taux individuel | Le taux dépend largement de la sinistralité propre à l’entreprise ou à l’établissement. |
Pour 2026, l’arrêté tarifaire fixe notamment un taux net moyen national de 2,08 %, mais cette moyenne ne permet pas d’estimer le taux d’une entreprise précise. Dans une petite structure, un accident grave peut ne pas modifier immédiatement le taux individuel, tandis que la prévention reste essentielle pour réduire les accidents dans toute la catégorie professionnelle.
Dans une entreprise de 150 salariés ou plus, les coûts des sinistres pris en compte sur plusieurs années peuvent en revanche peser directement sur le taux. C’est pourquoi le code risque doit être cohérent avec l’activité réelle et pourquoi la prévention ne doit pas être réduite à une formalité administrative.
Que faire si le classement ne correspond pas à l’activité réelle
Une erreur de classement peut avoir des conséquences financières, mais elle peut aussi révéler une mauvaise description des postes de travail. Si le libellé de la notification ne correspond pas à ce que font réellement les salariés, je conseille de réunir des éléments précis avant de contacter la caisse.
- description des activités réalisées dans l’établissement ;
- répartition des salariés entre les différents postes ;
- part respective de la production, de la vente, de la livraison ou de la manutention ;
- extrait d’immatriculation et avis de situation de l’établissement ;
- document unique d’évaluation des risques professionnels ;
- ancienne notification de taux et notification contestée.
La demande doit être adressée à la Carsat, à la Cramif ou à la CGSS dont dépend l’établissement. Il est préférable d’expliquer concrètement les tâches exercées plutôt que de se limiter à demander un autre code. La caisse classe l’établissement selon l’activité et les risques observés, pas selon l’intitulé commercial de l’entreprise.
Si le désaccord porte sur une décision tarifaire déjà notifiée, il faut regarder attentivement les voies et délais de recours indiqués sur le document. Pendant l’examen, conservez la preuve de vos échanges et demandez une confirmation écrite du classement retenu.
Le code risque change-t-il quelque chose pour le salarié en arrêt
Pour le salarié victime d’un accident, le code risque concerne d’abord la relation entre l’établissement et la branche AT/MP. Il ne décide pas, à lui seul, si l’accident sera reconnu, quelle sera la durée de l’arrêt ou quel taux d’incapacité permanente sera fixé.
La reconnaissance repose sur les circonstances de l’accident, les témoignages éventuels et le certificat médical décrivant les lésions. Le salarié doit informer son employeur dans les 24 heures, sauf impossibilité ou force majeure. L’employeur dispose ensuite de 48 heures hors dimanches et jours fériés pour transmettre la déclaration à la caisse.
En cas d’arrêt de travail, le médecin établit un avis spécifique. Le volet destiné à l’employeur ne contient pas le diagnostic, car le secret médical s’applique. La prise en charge des soins liés à l’accident du travail peut se faire à 100 % dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie, avec la feuille d’accident remise par l’employeur.La CPAM statue en principe dans un délai de 30 jours lorsqu’elle dispose de la déclaration et du certificat médical sans réserve nécessitant une enquête. En cas d’investigations complémentaires, la procédure peut durer jusqu’à 90 jours. Pendant ce temps, il est important de conserver tous les certificats, prolongations et comptes rendus médicaux.
Lire aussi : Indemnités journalières suspendues - quels recours engager ?
La durée de l’arrêt reste une décision médicale
Un code risque élevé ne justifie pas automatiquement un arrêt plus long. La durée dépend de l’état de santé, de la nature des lésions et des exigences du poste. Pour une reprise après un arrêt important, une visite de reprise ou une reprise aménagée peut être nécessaire selon la situation.Je trouve utile de séparer clairement les deux sujets. Le code risque sert à la tarification et à la prévention collective, tandis que l’arrêt de travail répond à une appréciation médicale individuelle. Les confondre peut conduire l’employeur à minimiser un accident ou le salarié à attendre une réponse tarifaire qui ne concerne pas directement ses droits.
Le bon réflexe pour relier activité, prévention et reprise
Pour connaître le classement applicable, partez du Siret et de la notification annuelle AT/MP. Utilisez le code APE pour vous orienter et comparer la sinistralité de votre secteur, mais considérez le code risque notifié par la caisse comme la référence administrative à vérifier.
Après un accident, l’urgence reste la santé du salarié, la déclaration dans les délais et la traçabilité des faits. Une analyse sérieuse des circonstances, intégrée au document unique et suivie de mesures concrètes, protège mieux les équipes qu’une simple recherche de taux ou de code.